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21
jan
2010
Portrait de campagne : Alexandra Siarri
Entre famille et politique, à 37 ans, la n°2 de la liste UMP menée par Xavier Darcos fait une entrée remarquée dans les Régionales
Elle aime parler de ses origines modestes et agricoles en terre charentaise, mais surtout de l’omniprésence de la famille, de sa famille, dans son parcours. De son enfance, elle dit qu’elle a été
« remplie d’amour ». Elle parle volontiers de son père, directeur d’une maison familiale rurale, où les cours étaient dispensés en alternance à des jeunes sortis du parcours scolaire classique.
Elle évoque aussi sa mère - enseignante de français et secrétaire dans cette même maison familiale -, son frère aîné, ses grands-parents et une kyrielle d’oncles et de tantes, de cousins et de
cousines. La famille est nombreuse et surtout très engagée en politique. Son père, Marc Courjaud est conseiller général en Charente ; les autres membres de la tribu, conseillers municipaux pour
la plupart : « c’est une totale marque de fabrique. J’ai compris un peu tardivement que tout le monde n’était pas comme ça. En même temps, personne n’est encarté. On ne comprend d’ailleurs pas
bien le concept ».
Allez voir comment ça marche à l'Elisée !
Le bac en poche, à tout juste 17 ans, l’enfant de la campagne débarque à Bordeaux pour faire son droit et Sciences-Po, une période difficile pour celle qui estime avoir alors « manqué de maturité
», même si les ambitions sont déjà nombreuses : directeur de prison, journaliste et même « aller voir comment ça marche à l’Elysée » !
Ses études de droit ne lui permettent finalement pas de réussir le concours de directeur de prison, mais la question de la marginalité reste au cœur de ses préoccupations : « la lecture de
Surveiller et punir de Michel Foucault m’a profondément marquée. C’est ce qui a conditionné l’ensemble de mes choix professionnels et politiques ». Et de poursuivre : « ce n’est pas par
hasard si je m’occupe d’hébergement d’urgence à la mairie de Bordeaux (ndlr elle est conseillère municipale déléguée au logement, à l’énergie et à l’éco-habitat depuis 2008). Je retrouve cette
difficulté à intégrer la marginalité. Je suis fascinée par ces gens. Je me sens interpellée, profondément concernée, par ce qu’il leur arrive. On porte une grande responsabilité ».
De la vache enragée...
Elle semble avoir mangé de la vache enragée depuis son jeune âge : « étudiante, j’ai fait tous les boulots : serveuse, barmaid en boîte de nuit, j’ai bagué les faisans, castré les maïs, fait les
paquets cadeaux pour Noël ». Ensuite, aussi étonnant que cela puisse paraître, ses études de droit la mènent directement à… la communication. En 1998, après un stage à la CUB, elle devient
chargée de communication pour la mission tramway. Elle y peaufine sa connaissance de la politique : « comment ça marche, comment les décisions se prennent, le fonctionnement d’un cabinet, les
forces et fragilités d’un élu, l’art de la concertation… ». Dans la foulée, elle passe le concours d’attaché territorial « j’ai appris à aimer la fonction publique », rencontre son mari David,
fait trois enfants, réaffirme son attachement à la famille : « je n’oublie jamais ça, la politique au regard de ça, c’est rien du tout ».
La marque d'Alain Juppé
Comme son père avant elle, elle entre en politique. C’est à l’occasion des Municipales 2008. Alain et Isabelle Juppé discutent longuement avec elle au Salon de l’environnement alors qu’elle y
tient un stand. Le courant passe. La relation s’approfondit. La voilà embarquée sur la liste UMP des Municipales. Et puis à présent sur celle des Régionales.
Quand on lui demande comment elle en est arrivée là, elle dit « Je ne sais pas » et d’ajouter, lucide : « Je suis un bon produit de marketing politique : je suis une femme de moins de 40
ans, j’ai trois enfants, j’appartiens à la droite sociale et suis investie dans des domaines comme le développement durable. J’incarne aussi la marque d’Alain Juppé sur cette liste ».
Un Alain Juppé pour qui elle déclare avoir « une profonde admiration », comme pour de Gaulle (toujours la tradition familiale…). Pas sectaire, elle tire son chapeau à Michel Rocard « pour sa
manière d’être profondément libre », à Martin Hirsch « qui préfère agir tout de suite parce il n’a pas le temps d’attendre », à Simone Weil « pour tout son parcours ». Ils font ce qu’elle appelle
« de la grande politique ». « Jamais polémiques, ils possèdent une forme naturelle de sagesse », et d’enchaîner parce que c’est aussi sa vision de la politique : « on a le droit de faire de la
politique sans forcément se positionner par rapport à des fractures idéologiques ».
Le métronome familial
Alexandra Siarri est intarissable sur la politique en général, sur son engagement pour le développement durable ou l’hébergement d’urgence, tout autant que sur le lapin à la moutarde de sa mamie Denise. Et puis, quand elle s’est défoulée au club de gym, qu’elle a embrassé ses enfants, alimenté son blog et son profil Facebook, couché sur ses petits carnets ses impressions et sensations, et qu’elle continue encore à être « mangée de doutes » sur la justesse et la pertinence de son action, elle va voir son père, sa boussole, son « métronome ». La famille, toujours.
Alexandra Siarri en quelques repères
1972 : naissance à Barbezieux en Charente d’une mère vendéenne et d’un père originaire de Marcillac en Gironde.
1989 : arrivée à Bordeaux pour des études de droit et Sciences-Po. Lecture de Surveiller et punir de Michel Foucault.
1994 et 1995 : Obtention d’une maîtrise de droit privé, d’une maîtrise de droit public, d’un DEA de droit privé : mémoire sur « les grands-parents dans le droit de la famille ». Effectue un stage
à la maison d’arrêt de Fleury-mérogis, échoue au concours de directeur de prison.
1996 : rencontre, puis mariage avec David Siarri, chef d’entreprise dans le télémarketing. Suivront trois enfants : Mathilda - 9 ans, Abel - 7 ans et Sacha - 4 ans.
1998 : travaille à la CUB d’abord à la communication du tramway, puis à sur un dispositif de sensibilisation des scolaires au développement durable. Est toujours en poste actuellement.
2008 : élue au Conseil municipal de Bordeaux, déléguée au logement, à l’énergie et à l’éco-habitat.
2010 : candidate aux élections régionales, en position éligible (n°2) sur la liste UMP menée par Xavier Darcos.
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Sonia Moumen
www.carnetdebordeaux.fr :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::


